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Cannabis en Malaisie

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La Malaisie applique l’une des législations les plus dures d’Asie en matière de cannabis, avec des peines pouvant aller jusqu’à la peine de mort pour trafic. Mais le pays connaît depuis 2023 une évolution notable de sa politique pénale en matière de drogues, portée par le gouvernement d’Anwar Ibrahim, qui pourrait à terme transformer en profondeur le traitement judiciaire des consommateurs.

Statut légal du Cannabis en Malaisie

Illégal


Le cannabis est illégal en Malaisie

Où le cannabis est-il légal dans le monde ?

Un cadre légal parmi les plus sévères au monde

Le cannabis est classé stupéfiant de catégorie I au titre du Dangerous Drugs Act de 1952, qui régit l’ensemble des substances contrôlées dans le pays. Aucun usage, récréatif ou médical, n’y est légal en dehors d’une exception très étroite instaurée en 2019 pour certains médicaments pharmaceutiques à base de CBD à 0 % de THC, prescrits pour des pathologies précises comme l’épilepsie.

Les peines sont graduées selon la quantité détenue :

  • possession simple : jusqu’à 5 ans de prison et une amende pouvant atteindre 20 000 ringgits (environ 4 000 €) ;
  • possession de 20 à 50 g : jusqu’à 5 ans de prison et amende, avec caning (peine de flagellation) possible ;
  • 200 g de cannabis (ou 50 g de résine) ou plus : présomption légale de trafic, avec peine de mort ou réclusion à perpétuité assortie d’un minimum de 12 coups de canne ;
  • culture d’un seul plant : peine plancher de 3 ans et demi de prison et 6 coups de canne.

La charge de la preuve repose sur l’accusé, qui doit démontrer que la substance saisie ne lui appartient pas, un principe qui a valu à la Malaisie de nombreuses critiques de la part des organisations de défense des droits humains.

La fin de la peine de mort automatique

Le tournant le plus significatif de ces dernières années reste l’Abolition of Mandatory Death Penalty Act 2023, entré en vigueur en avril 2023, qui a mis fin au caractère automatique de la peine de mort pour trafic de drogue : les juges disposent désormais d’un pouvoir d’appréciation et peuvent prononcer une réclusion à perpétuité en lieu et place de l’exécution. La peine de mort reste toutefois une option légale, et le pays continue de l’appliquer pour des affaires de trafic de stupéfiants.

Cette réforme fait suite à plusieurs affaires très médiatisées, notamment celle de Muhammad Lukman Mohamad, jeune ingénieur condamné à mort en 2015 pour avoir distribué gratuitement de l’huile de cannabis à des malades du cancer, dont la peine avait suscité une mobilisation nationale, ou celle du Français Tom Félix, détenu plus de 21 mois avant d’être finalement acquitté.

Vers une dépénalisation de la possession personnelle

Le gouvernement du Premier ministre Anwar Ibrahim a engagé une réforme plus large de la politique des drogues. Un projet de loi en préparation prévoit que les personnes interpellées pour usage ou possession de faibles quantités de drogue soient orientées directement vers des centres de réhabilitation (sous l’égide de l’Agence nationale antidrogue, AADK), plutôt que vers le système pénal classique. Selon les autorités sanitaires malaisiennes, 85 % des interpellations liées aux drogues concernent des consommateurs ou de très petites quantités, et non du trafic, un chiffre qui alimente les arguments en faveur d’une approche sanitaire plutôt que répressive.

Cette évolution reste toutefois cantonnée à la question pénale : elle ne modifie en rien le statut illégal du cannabis lui-même, et le Dangerous Drugs Act n’a pas été amendé en parallèle. Toute affirmation d’une « décriminalisation du cannabis » en Malaisie serait donc inexacte en l’état.

Ce qu’il faut retenir

  • La Malaisie applique l’une des législations antidrogue les plus dures d’Asie, avec la peine de mort toujours en vigueur pour trafic.
  • La peine de mort n’est plus automatique depuis la réforme de 2023 : les juges ont désormais un pouvoir d’appréciation.
  • Une exception médicale très étroite existe depuis 2019 pour certains médicaments CBD à 0 % de THC.
  • Une réforme en préparation vise à orienter les usagers de drogues vers la réhabilitation plutôt que la prison, sans toucher au statut illégal du cannabis.

Retrouvez ici toute l’actualité de Newsweed sur l’évolution de la politique antidrogue malaisienne et les affaires judiciaires marquantes du pays.

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