Suivez-nous

Cannabis au Népal

En bref En détail Actualités

Le Népal entretient avec le cannabis une relation à part : plante sacrée offerte à Shiva, ingrédient d’une pharmacopée traditionnelle vieille de plusieurs siècles, et pilier économique informel dans les collines himalayennes mais aussi substance strictement prohibée depuis 1976 sous la pression internationale. Près de cinquante ans après cette interdiction, le pays vit un tournant : en 2024, le gouvernement fédéral a promis une légalisation médicale qui tarde toujours à se concrétiser, tandis qu’en août 2026, la province du Gandaki a pris tout le monde de vitesse en légalisant unilatéralement la culture et l’usage médical du cannabis sur son territoire. Cette page fait le point sur le cadre légal actuel, son histoire, et les évolutions en cours.

Statut légal du Cannabis au Népal

Illégal


Le cannabis est illégal au Népal

Où le cannabis est-il légal dans le monde ?

Un pays historiquement lié au cannabis

Avant 1973, le cannabis n’avait rien d’illégal au Népal. Kathmandou comptait de nombreuses boutiques vendant ouvertement marijuana et haschich, notamment le long de ce qui deviendra tristement célèbre sous le nom de « Freak Street », devant Basantapur Durbar : une étape incontournable de la Hippie Trail des années 1960-1970, quand des milliers de voyageurs occidentaux traversaient l’Asie pour rejoindre l’Inde et le Népal. Le haschich népalais, ou charas, roulé à la main, jouissait déjà d’une réputation d’excellence dès le XVIIIe siècle.

Au-delà du tourisme, le cannabis fait partie intégrante de la culture hindoue népalaise : il est associé au dieu Shiva et consommé rituellement, notamment lors de la fête de Maha Shivaratri au temple de Pashupatinath à Kathmandou, où des sadhus (ascètes hindous) fument publiquement dans l’enceinte du temple sans intervention policière, malgré la loi.

Le cadre légal actuel : le Narcotic Drugs (Control) Act de 1976

Sous la pression des États-Unis et des conventions internationales sur les stupéfiants, le Népal a promulgué le 22 septembre 1976 le Narcotic Drugs (Control) Act, 2033, qui interdit la culture, la production, la vente, la distribution, l’importation, l’exportation et la consommation de cannabis sous toutes ses formes (plante, résine, feuilles, fleurs, extraits). Le Népal est par ailleurs signataire de la Convention unique des Nations unies sur les stupéfiants de 1961, qui classe le cannabis parmi les drogues les plus dangereuses, un statut international qui complique toute réforme nationale.

Les sanctions prévues restent lourdes :

  • possession pour usage personnel : jusqu’à un mois d’emprisonnement ;
  • distribution et vente : jusqu’à 10 ans de prison, selon la quantité saisie ;
  • charge de la preuve inversée : en cas de découverte de cannabis sur un terrain ou en possession d’une personne, c’est à l’accusé de prouver la légalité de la détention, faute de quoi la culpabilité est présumée.

Le chanvre industriel n’est pas non plus distingué juridiquement du cannabis psychoactif dans la loi de 1976 : aucune culture de Cannabis sativa, quel que soit son usage, n’est autorisée. Le textile traditionnel en fibre de chanvre (parfois appelé allo), vendu aux touristes, occupe une niche culturelle tolérée mais ne bénéficie d’aucun cadre légal d’exportation.

Le CBD, quant à lui, n’est pas explicitement mentionné dans la loi : certains juristes estiment qu’un cadre réglementaire dédié pourrait légalement l’en distinguer, mais en l’absence de texte, aucun programme médical à base de cannabis ou de CBD n’existe à ce jour au niveau fédéral.

2024 : l’annonce d’une légalisation médicale nationale

Le 28 mai 2024, le ministre des Finances Barsha Man Pun a créé la surprise en annonçant, lors de la présentation du budget 2024/25, que le gouvernement allait mettre en place un cadre légal pour la culture et la consommation commerciales de cannabis à usage médical. Cette annonce faisait suite aux travaux d’un groupe d’étude formé par le ministère de l’Intérieur pour évaluer la faisabilité d’une filière médicale.

Réformer la loi népalaise ne suffit toutefois pas : le pays doit aussi obtenir l’aval de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) au titre de la Convention de 1961. Depuis cette annonce, plusieurs étapes ont été franchies (comités d’étude, déclarations ministérielles successives) sans qu’une loi fédérale ne soit encore votée, la réforme nationale reste, en 2026, à l’état de promesse.

Août 2026 : le Gandaki légalise seul l’usage médical

Sans attendre le niveau fédéral, la province du Gandaki, qui englobe la région de Pokhara et les grands treks de l’Annapurna, a pris les devants. Une loi provinciale, entrée en vigueur début août 2026 après validation par le chef de l’exécutif provincial, autorise désormais la culture et l’usage du cannabis à des fins médicales sur son territoire, malgré l’interdiction fédérale toujours en vigueur. Les agriculteurs devront obtenir une autorisation officielle des autorités provinciales et seront soumis à un contrôle étroit de leur production.

Cette initiative crée une situation juridique inédite : une province autorise ce que la loi nationale continue d’interdire. Elle illustre la pression croissante, notamment agricole et économique, en faveur d’une filière cannabis légale dans un pays où l’agriculture reste un pilier de l’économie rurale, et pourrait faire des émules dans d’autres provinces népalaises si l’expérience du Gandaki se révèle concluante.

Un potentiel économique très discuté

Les partisans de la légalisation mettent en avant plusieurs arguments : valorisation de terres agricoles laissées en friche, création d’emplois dans les zones rurales, revenus fiscaux, et alignement sur une tendance mondiale de reconnaissance des usages médicaux du cannabis. Une étude de 2020 de la Narcotics Control Bureau népalaise notait que près de 75 % des consommateurs de cannabis dans le pays ont moins de 30 ans, un facteur qui nourrit aussi les inquiétudes de certains responsables politiques quant à un assouplissement trop rapide de la loi.

Ce qu’il faut retenir

  • Le cannabis est interdit sous toutes ses formes au niveau fédéral depuis 1976, avec des peines allant jusqu’à 10 ans de prison pour trafic.
  • Le Népal a une relation culturelle et historique unique avec le cannabis (charas, Freak Street, offrandes à Shiva, tolérance de fait lors de Maha Shivaratri).
  • Le gouvernement fédéral promet une légalisation médicale depuis 2024, sans l’avoir encore votée.
  • La province du Gandaki a légalisé unilatéralement la culture et l’usage médical du cannabis en août 2026, en marge de la loi nationale.
  • Le CBD et le chanvre industriel restent dans un flou juridique complet, sans distinction légale avec le cannabis psychoactif.

Retrouvez sur cette page toute l’actualité de Newsweed consacrée à l’évolution de la législation cannabis au Népal, aux initiatives provinciales et au débat national sur la filière médicale.

Lire la suite >

Dernières actualités du Cannabis au Népal

Retrouvez toutes les actualités du Cannabis au Népal sur Newsweed

NE MANQUEZ AUCUNE NEWS, ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER DE NEWSWEED !

1 newsletter par semaine,

tous les mercredis !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.