Cannabis en Afrique

Kenya : un parlementaire propose une loi pour légaliser le cannabis

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Comparée à l’Amérique et à l’Europe, l’Afrique, tout comme l’Asie, reste encore assez fermée à la légalisation du cannabis. Cependant, l’année 2018 augure des temps nouveaux. Après que le Lesotho ait légalisé le cannabis l’année dernière, le Zimbabwe en a fait autant en ce début d’année et, tout récemment, l’Afrique du Sud vient de légaliser par décision juridique la consommation et possession de cannabis à des fins récréatives. Aujourd’hui, c’est le Kenya qui s’intéresse à la plante. Un parlementaire du nom de Ken Okoth prévoit d’introduire une proposition de loi sur la légalisation du cannabis à l’Assemblée Nationale.

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La démarche et sa portée

Ken Okoth a adressé, la semaine dernière, une lettre au porte-parole de l’Assemblée demandant de l’aide pour la rédaction d’un texte de loi intitulé Marijuana Control Bill. Ce dernier vise à décriminaliser la consommation et la possession de cannabis, à éliminer les casiers judiciaires liés au cannabis et à lancer un marché légal et régulé avec des taxes progressives pour “booster l’indépendance économique du Kenya et promouvoir la création d’emplois”.

Les objectifs sont les suivants : “légaliser, réguler, taxer. Protéger les enfants, éliminer les cartels de la drogue, réduire les coûts d’incarcération. Promouvoir le recherche médicale et protéger notre savoir et nos plantes indigènes avant que des compagnies étrangères les volent et les brevettent”.

La législation devra d’abord être approuvée par le cabinet ministériel avant de pouvoir être publiée pour inspection par les parties prenantes puis soumise ensuite au débat parlementaire. Ce processus risque d’être long mais le texte pourrait rencontrer un certain succès. En effet, le législateur n’est pas le seul au Kenya à soutenir la légalisation du cannabis.

D’autres voix kényanes

Chekai Musa, activiste politique qui désirait entrer au Sénat, a fait de la légalisation du cannabis une de ses promesses de campagne. Selon lui, le cannabis légal permettrait de réduire les ressources liées à la guerre contre la drogue induites par la criminalisation injustifiée d’une plante inoffensive. La culture du cannabis pourrait également être une alternative, pour les fermiers kenyans, à la culture de la canne à sucre qui génère peu de revenus. Sur ce point, Gwada Ogot, un chercheur kenyan avait d’ailleurs présenté une pétition l’année dernière pour légaliser le cannabis et le classer comme une culture génératrice de revenus donc principalement destinée à l’exportation.

Plus récemment, le Docteur Simon Mwaura, un scientifique kenyan de la compagnie Hyaquip Kenya qui milite aussi pour la légalisation du cannabis, a appelé le Comité de Santé de l’Assemblée à légaliser le cannabis. Il aurait trouvé un moyen de séparer les composés psychoactifs du cannabis des composés non-intoxicants rendant ainsi la plante inoffensive. Son ambition est d’utiliser la plante telle quelle pour créer des compléments alimentaires grâce aux nutriments qu’elle contient comme le magnésium ou les hydrocarbonates. “On peut la mélanger avec du café, du thé, de la betterave, de l’alcool; c’est très compatible” explique-t-il. Les extraits de la plante ont aussi, selon lui, des vertus médicinales et alimentaires et sont inoffensifs.

Si son projet voit le jour, le chercheur précise que le Kenya serait le premier pays à exporter du cannabis sous forme de compléments alimentaires ce qui pourrait représenter une aubaine de 1,5 trillion de shillings kenyans par an, selon ses calculs (à peu près 12 milliards d’euros, ce qui semble un tantinet surévalué). Le projet permettrait aussi de créer de nombreux emplois. Il recommande que l’Assemblée Nationale accorde des licences a environ 150 000 fermiers pour cultiver du cannabis. Pour l’instant, la pétition n’a toujours pas aboutie mais Simon Mwaura n’abandonne pas : « Nous nous préparons à aller au tribunal. Les choses traînent tellement » a-t-il déclaré.

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