Etudes sur le cannabis

Etude : pas de différence significative entre le cerveau des consommateurs réguliers de cannabis et celui des non-consommateurs

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Dans le contexte d’une acceptation de plus en plus large du cannabis par la société, les chercheurs enquêtent à juste titre sur les risques éventuels associés à sa consommation dans le but de guider les décideurs politiques. La consommation régulière de cannabis est réputée altérer les capacités cérébrales : un argument qui a beaucoup servi à sa prohibition mais dont la véracité reste encore à déterminer. C’est pour vérifier cette hypothèse qu’un groupe de chercheurs a mis au point une étude, publiée dans The Journal of Neuroscience, visant à détecter des changements physiques dans la structure et le volume du cerveau chez les consommateurs réguliers comparés aux non-consommateurs.

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Le cannabis altère-t-il les capacités cérébrales ?

Si des altérations cognitives sont effectivement détectées à court-terme, il est encore peu clair si le cannabis affecte durablement la morphologie du cerveau et donc si ces altérations sont irréversibles ou simplement temporaires. Une étude avait récemment suggéré que les effets du cannabis sur les fonctions cognitives s’estompaient après un mois d’abstinence. Les fonctions cognitives sont évaluées à partir de tests de performance qui évaluent une forme d’intelligence. Cependant, pour comprendre la démarche scientifique, il faut d’abord savoir qu’on ne sait pas encore vraiment ce qu’est l’intelligence et comment l’observer dans le cerveau. Plusieurs hypothèses existent, le quotient intellectuel pourrait avoir à voir avec la structure ou le volume du cerveau, la quantité de matière grise présente dans certaines régions, la vitesse de l’influx nerveux ou le nombre de connexions entre les neurones.

Certaines études ont trouvé que le cannabis modifiait certaines de ces caractéristiques. Une étude suggère que l’usage régulier de cannabis réduit la quantité de matière grise présente dans le cerveau mais augmente la connectivité des neurones. Une autre étude a trouvé que l’usage régulier de cannabis modifiait négativement la taille, la structure et la densité de certaines régions du cerveau comme le nucleus accumbens, une région impliquée dans le circuit de la récompense, et l’amygdala, une région qui joue un rôle central sur les émotions. D’autres n’ont en revanche trouvé aucune modification significative de la morphologie du cerveau.

C’est dans l’objectif de vérifier les résultats de certaines études qui ont suggéré des changements sur certaines régions du cerveau comme le nucleus accumbens, l’amygdale, l’hippocampe et le cervelet que cette étude a été conçue. Elle compare 29 consommateurs quotidiens adultes et 50 adolescents à 29 non-consommateurs adultes et 50 adolescents. Elle a mis au point une méthodologie renforcée qui prend en compte de nombreux facteurs adverses comme la dépression, l’âge, la consommation de tabac, le genre et la consommation d’alcool.

Après avoir procédé à des IRM sur chacun des participants et conduit des analyses statistiques, les chercheurs ont conclu à l’absence de différence significatives entre le volume et la structure du cerveau des consommateurs et celui des non-consommateurs. Selon les chercheurs, les études antérieures ne prenaient peut-être pas suffisamment en compte les facteurs adverses comme la consommation d’alcool qui a été prouvée être un élément déterminant dans la réduction du volume de certaines régions du cerveau et l’altération de la structures et des capacités cérébrales et ce même en cas de consommation modeste.

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