THCV (tétrahydrocannabivarine) : guide complet sur ce cannabinoïde
Le THCV, ou tétrahydrocannabivarine, est l’un des cannabinoïdes les plus singuliers du cannabis. Structurellement proche du THC, il s’en distingue pourtant radicalement par son comportement : selon la dose, il peut tantôt amplifier les effets du THC, tantôt les bloquer. C’est ce qu’on appelle un cannabinoïde biphasique — une propriété rare qui lui ouvre des perspectives thérapeutiques inédites.
Là où le THC stimule l’appétit, le THCV à forte dose le supprime. Là où le THC peut aggraver l’anxiété, le THCV semble la réduire. C’est pour ces raisons que la recherche médicale s’y intéresse de plus en plus, notamment dans le traitement de l’obésité, du diabète de type 2 et des maladies neurodégénératives.
Présent en faible concentration dans la plupart des variétés de cannabis, le THCV se trouve en revanche en quantités notables dans certaines sativas africaines. Son statut juridique en France, souvent source de confusion en raison de son nom, mérite également d’être éclairci.
L’effet psychoactif du THCV
À faible dose, le THCV faciliterait l’accès du THC aux récepteurs CB1, intensifiant et raccourcissant l’effet psychoactif. Il augmente ainsi la sensation euphorique que procure le THC durant la moitié de son temps d’action, ce qui apporte la sensation rapide de montée et de descente lorsqu’il est métabolisé. On le retrouve souvent dans les variétés Sativa ce qui leur confère des effets plus énergiques et euphoriques que les variétés ayant un faible taux de THCV.
Il serait a l’origine de la sensation de faim plus lente procurée par ces variétés. Le THCV bloque également deux effets négatifs notoire du THC : la perte de mémoire immédiate et l’augmentation du débit sanguin.
Comment le THCV interagit avec le système endocannabinoïde ?
Le THCV est un cannabinoïde biphasique comme le CBD.
À faible dose, le THCV agit comme un agoniste partiel du récepteur CB1, ce qui signifie qu’il peut activer le récepteur dans une certaine mesure. Cependant, à des doses plus élevées, il se comporte comme un antagoniste, bloquant l’activité du récepteur.
Cette double action peut entraîner divers effets physiologiques, tels que la suppression de l’appétit lorsqu’elle agit comme un antagoniste.
Pour le récepteur CB2, le THCV fonctionne comme un agoniste partiel, activant ce récepteur mais pas dans la même mesure que d’autres cannabinoïdes comme le THC. L’activation des récepteurs CB2 est généralement liée à des effets anti-inflammatoires et à une modulation immunitaire.
Le THCV influence également les niveaux de cannabinoïdes endogènes (endocannabinoïdes), tels que l’anandamide et le 2-AG, en interagissant avec les enzymes responsables de leur synthèse et de leur dégradation. Cette interaction peut modifier l’équilibre et l’activité globale du système endocannabinoïde. Grâce à ces mécanismes, il a été démontré que le THCV présente des propriétés anti-inflammatoires et neuroprotectrices.
Un futur médical prometteur
La recherche s’axe surtout sur les effets médicinal du THCV. En plus d’un traitement contre l’obésité , il aiderait a réguler le taux d’insuline et de sucre dans le sang pour les diabétiques. Les laboratoires GW Pharmaceuticals ont déjà débuté des traitements contre l’obésité à base de cannabis très dosé en THCV. Le laboratoire commercialise également des traitements anti-inflammatoires et anticonvulsifs avec ces variétés.
Ajoutons à cela de nombreuses pistes intéressantes comme la réduction des crise d’angoisse dû à des syndromes de stress post-traumatiques. Des essais sont également en cours pour des traitements contre la maladie d’Alzeihmer et de Parkinson, notamment pour réduire les tremblements. Encore incertain, il réduirait les troubles psychotiques provoquant l’apparition de la schizophrénie. Certains chercheurs voient en lui un stimulant de développement osseux, ce qui pourrait être efficace dans les traitements contre l’ostéoporose
Les scientifiques cherchent désormais à isoler le THCV de son cousin THC. Les patients pourraient ainsi obtenir des traitements quasi-similaires, mais sans effets psychoactifs.
Anticonvulsif : Une revue de 2015 publiée dans le Journal of Clinical Pharmacy and Therapeutics a conclu que le THCV pourrait être capable de réduire l’activité des crises chez les sujets épileptiques.
Anti-inflammatoire : Une étude de 2010 publiée dans le British Journal of Pharmacology a révélé que le THCV réduisait l’inflammation et la douleur associée chez les souris.
Suppresseur d’appétit et régulateur de glucose : Une revue des études existantes publiée en 2020 par le Journal of Cannabis Research indique que le THCV permet de supprimer l’appétit et de contrôler la glycémie. Les études examinées portaient sur l’obésité et le diabète chez l’homme et la souris.
Stimulant de la croissance osseuse : Le THCV est l’un des nombreux cannabinoïdes qui peuvent favoriser la santé et la guérison des os, selon une étude menée sur des échantillons de tissus et publiée en 2007 par Calcified Tissue International.
Neuroprotecteur : Une étude de 2020 sur des souris, publiée dans la revue Neurobiology of Disease, a conclu que le THCV avait des propriétés neuroprotectrices qui pourraient être utiles pour traiter la maladie de Parkinson. Une autre étude de 2020, publiée dans le British Journal of Pharmacology, a indiqué que le THCV présentait un potentiel dans le traitement de la neuroinflammation et de la maladie de Huntington.
Quelles variétés de cannabis contiennent du THCV ?
La présence de THCV dans le cannabis n’est pas uniforme : elle dépend en grande partie de la génétique de la plante et de son origine géographique. Dans la plupart des variétés occidentales hybrides ou indica, le THCV représente moins de 1 % de la composition cannabinoïde totale — des concentrations trop faibles pour produire des effets mesurables.
Les teneurs les plus élevées en THCV se retrouvent dans les sativas africaines landrace, c’est-à-dire des variétés indigènes non hybridées, cultivées depuis des générations dans leur environnement d’origine. La raison est biosynthétique : ces plantes produisent naturellement davantage de THCVA (la forme acide précurseur du THCV) en raison de voies enzymatiques spécifiques à ces lignées génétiques, probablement façonnées par des siècles d’adaptation climatique. La Durban Poison (Afrique du Sud) et la Red Congolese sont les représentantes les plus connues de cette famille.
D’autres variétés sélectionnées pour leur teneur en THCV sont aujourd’hui disponibles :
- Doug’s Varin, l’une des rares variétés spécifiquement développée pour maximiser le THCV, avec des taux pouvant dépasser 6 %
- GSC (anciennement connu sous le nom de Girl Scout Cookies), hybride populaire présentant des taux modérés
- Jack the Ripper, Pineapple Purps, Power Plant, Skunk #1, Tangie, variétés à dominante sativa avec des concentrations variables
Les cultivars à forte teneur en THCV restent rares sur le marché européen, ce qui explique en partie pourquoi les produits isolés (huiles, teintures) sont encore peu répandus et relativement coûteux.
Pourquoi acheter des produits THCV ?
L’achat de produits à base de THCV peut être intéressant en raison de ses effets uniques et de ses bénéfices thérapeutiques potentiels.
Divers produits à base de THCV sont disponibles sur le marché. Il s’agit notamment de teintures et d’huiles de THCV, qui permettent de contrôler facilement le dosage et peuvent être ajoutées à des aliments ou à des boissons. Les cartouches et stylos de vaporisation de THCV offrent une méthode de consommation à action rapide, qui plaît à ceux qui préfèrent l’inhalation.
Les produits comestibles à base de THCV, tels que les gummies et les chocolats, offrent un moyen discret et savoureux de consommer du THCV. Il existe également des gélules et des comprimés de THCV, qui sont pratiques pour ceux qui préfèrent une forme plus traditionnelle de médication.
Chacun de ces produits répond à des préférences et à des besoins différents, rendant le THCV accessible sous diverses formes pour s’adapter au style de vie de chacun.
Le THCV est-il légal en France ?
La question est légitime : le nom « tétrahydrocannabivarine » contient le terme THC, ce qui sème souvent la confusion. Pourtant, le statut juridique du THCV est distinct de celui du THC.
En France, la législation sur les stupéfiants vise spécifiquement le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et les substances explicitement inscrites sur les listes de produits classifiés. Le THCV n’y figure pas en tant que tel. Il n’est pas non plus inscrit au tableau des stupéfiants de la Convention unique des Nations Unies sur les stupéfiants.
En pratique, le THCV issu de variétés de chanvre industriel respectant le seuil légal de 0,3% de THC résiduel suit le même cadre que le CBD et le CBG : il est toléré à la vente sous forme d’huiles, de compléments et de cosmétiques dans la plupart des pays européens.
La nuance importante est la suivante : un extrait de cannabis contenant simultanément du THCV et du THC au-delà du seuil légal (0,3% en France) tomberait sous le coup de la réglementation sur les stupéfiants. Il est donc essentiel de s’assurer que tout produit à base de THCV provient bien de chanvre industriel certifié et accompagné d’une analyse en laboratoire attestant la conformité des taux.
En cas de doute sur un produit spécifique, la consultation d’un professionnel de santé ou d’un conseiller juridique spécialisé reste recommandée.


