Les buralistes cherchent-ils à préempter le marché des fleurs de cannabis CBD ?
Alors que les perquisitions de boutiques qui vendent du cannabis CBD faisaient rage, le lancement de la marque Bural’Zen par une association de buralistes a été particulièrement remarquée. Par deux fois, les buralistes se sont ensuite immiscés dans le débat parlementaire : la première par une lettre à Agnès Buzyn, la seconde lors d’une question au Parlement. Les buralistes chercheraient-ils à préempter le marché du cannabis CBD ?
Les contradictions des réactions judicaires
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé le 17 juin dernier la fermeture prochaine des boutiques vendant des fleurs de cannabis CBD, à la suite de la « clarification » de la loi sur le CBD et le cannabis par la MILDECA.
Depuis cette date, au moins 14 boutiques se sont fait perquisitionner. Toutes n’ont pas fermé, sauf à Paris où chaque perquisition sur base de vente de fleurs de chanvre a fini par des poursuites autour d’infractions à la législation sur les stupéfiants et/ou de provocation à l’usage de stupéfiants.
En province, elles continuent à ouvrir, une des dernières en date s’étant ouverte en plein cœur de Marseille.
Ce deux poids / deux mesures s’observe aussi sur la catégorie d’entreprises visées : alors que les entrepreneurs privés prennent cher, aucun buraliste ne s’est vu inquiété par la vente de Bural’Zen, leur marque de cannabis CBD. Seraient-ils moins visibles ou plus influents ?
Lobbying des buralistes
Caressant Agnès Buzyn dans le sens du poil, la confédération des buralistes, organisation représentative des buralistes émanant des chambres syndicales départementales et des fédérations régionales, a adressé une lettre à la ministre le 18 juin. Le président de la confédération y fait un appel du pied très direct à un monopole de la vente de « cannabis light, » voire du CBD, pour le réseau buraliste, précisant être un réseau expérimenté dans les produits fortement réglementés et habitué à collaborer avec le ministère de la Santé.
15 jours plus tard, M. Denis Sommer, député de la République en Marche du Doubs a posé une question allant dans le même sens, demandant notamment « si un cadre législatif est prévu pour la vente du cannabis légal et quel est son horizon » et « s’il est envisagé que le réseau des buralistes soit le distributeur exclusif de celui-ci ». Opération de lobbying ou inquiétude du député ? Sa question reprend étrangement les mêmes arguments laudateurs que la lettre des buralistes : succès de la politique anti-tabac, prévention nécessaire et baisse des revenus pour le réseau de buralistes, besoin d’une réglementation…
Selon les buralistes, un tel monopole serait donc de bonne guerre au vu des pertes occasionnées par la campagne anti-tabac du ministère. Quitte à poursuivre la centaine de boutiques CBD ouvertes au même titre que des trafiquants, voire que des terroristes pour certains ?
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