Consommer du cannabis à l’adolescence ne diminue pas le QI
Consommer du cannabis à l’adolescence n’est pas sans danger, mais une diminution du QI ne fait pas partie des risques selon deux nouvelles études.
On a tous pu entendre que fumer du cannabis rend stupide. C’est souvent un argument des campagnes de prévention sur le cannabis ou des politiques opposées à un changement sur le statut du cannabis. La version moderne de cette assertion se résume en cette étude de 2012 de l’Université de Duke, qui concluait que l’usage intense et persistent de cannabis pendant l’adolescence et chez les jeunes adultes était associé avec un déclin du QI.
D’autres scientifiques ont depuis critiqué les méthodes de cette étude. Une étude de suivi dans le même journal a trouvé que les recherches précédentes ne tenaient pas compte d’un certain nombre de facteurs qui pouvaient aussi altérer le développement cognitif, comme la consommation d’alcool et de cigarette, les maladies mentales ou le statut socio-économique.
Deux nouvelles études viennent ce mois-ci nous éclairer sur la relation entre la consommation de cannabis et l’intelligence : une étude britannique a suivi 2235 adolescents entre 8 et 16 ans, l’autre a étudié la différence entre deux jumeaux américains dont l’un consommait du cannabis et l’autre non. Malgré des méthodes différentes, les deux études arrivent aux mêmes conclusions : elles n’ont pas trouvé de preuve que l’usage de marijuana pendant l’adolescence avait un impact négatif sur l’intelligence.
L’étude britannique, après avoir pris en compte les facteurs pouvant influencer les résultats, a conclu que « l’usage de cannabis à partir de l’âge de 15 ans ne prédit pas une baisse du QI ou de piètres performances scolaires. Les recherches suggèrent que l’usage modéré de cannabis n’est pas en soi un lien causal avec la déficience cognitive ».
Ces résultats n’invalident pas totalement l’étude de 2012, qui passait au crible l’utilisation à long-terme de cannabis. L’étude sur les jumeaux remet en revanche en question ses conclusions. L’observation de jumeaux identiques est un outil puissant d’analyse, leur génétique étant identique et l’environnement, qui peut altérer les études, est lui aussi semblable.
Les données des jumeaux « n’ont pas réussi à montrer que l’exposition au cannabis pendant l’adolescence causait un déclin neurologique », conclut l’étude. Au contraire, les chiffres suggèrent que « les enfants qui ont une prédisposition à la stagnation intellectuelle au collège sont sur une trajectoire d’une future consommation de cannabis ». En d’autres mots, au lieu que le cannabis rende les gamins stupides, il semblerait que les enfants ayant des difficultés intellectuelles ou scolaires sont plus enclins à se tourner vers le cannabis.
Si le cannabis était responsable d’une diminution du QI, plus une personne fumerait, moins elle serait intelligente. Ce que ne confirme pas cette étude.
Rien dans tout ça ne dit cependant que vous pouvez fumer tout le cannabis que vous voulez sans vous exposer à des conséquences négatives. La forte consommation de cannabis est associée à des risques sur la santé physique et mentale, comme les psychoses. Ces risques augmentent parmi les gens qui ont commencé à consommer tôt du cannabis, en plus d’une addiction possible. Le cannabis reste une drogue. Et comme les autres drogues – alcool, nicotine, caféine – il y a certains bienfaits et certains risques associés. Les exagérer n’aidera pas à changer les politiques du cannabis.
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Pierre Limouzin
19 janvier 2016 à 12 h 04 min
« Rien dans tout ça ne dit cependant que vous pouvez fumer tout le cannabis que vous voulez sans vous exposer à des conséquences négatives. La forte consommation de cannabis est associée à des risques sur la santé physique et mentale, comme les psychoses. »
– ça non plus ce n’est pas vrai. des études ultérieures confirment que le cannabis révèle plsu tôt les tendances psychotiques, pas plus …
Pierre Limouzin
19 janvier 2016 à 12 h 13 min
Ce sont les cannabinoïdes de synthèse qui sont toxiques comme le démontre les dégât dues au trafic provoqué par la prohibition, tout autant que les tentatives de faire mieux que la nature sur les endocannabinoïdes naturels du cerveau, comme l’a prouvé cette horrible histoire des essais cliniques menés par le laboratoire Biotrial à Rennes sur les récepteurs endocannabinoïdes !