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Le Cannabis Medical Bike Tour se tiendra en France en 2020 !

MCBTour Medical Cannabis Bike Tour

Peut-être n’êtes vous pas familiers avec le Cannabis Medical Bike Tour (CMBT) et vous demandez-vous en ce moment-même quezako? Le CMBT est le plus important événement sportif européen, plus précisément un tour cycliste, autour du cannabis. Son objectif est de récolter des fonds pour la recherche sur le cannabis médical. Il existe depuis 2012 et est déjà passé par plusieurs pays européens. L’année prochaine ce sera au tour de la France de l’accueillir.

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La petite histoire

Le Medical Cannabis Bike Tour a été lancé par Luc Krol le fondateur de la banque de semences Paradise Seeds (Pays-bas) rejoint par Matej Snail le fondateur de Snail Rolling Papers (Slovénie). Ils étaient les deux seuls participants du premier MCBT en 2012. Leur objectif était de collecter des fonds pour mener des recherches indépendantes sur le cannabis médical. Rapidement, le mouvement a pris de l’ampleur. Localisé en Espagne pendant les trois premières années, le tour est ensuite passé par les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne, la Slovénie, l’Italie, la République Tchèque et l’Autriche.

Au total, depuis 2012, les dons récoltés ont permis de réunir 450 000€. Ceux-ci seront investis dans un essai clinique qui traitera des patients atteints de gliome (cancer du cerveau) avec une combinaison de cannabinoïdes (THC et CBD) et de médicaments contre le cancer. Cet essai clinique permettra d’approfondir les travaux des docteurs espagnols Guillermo Velasco et Manuel Guzman de l’Université Complutense de Madrid qui ont déjà obtenu des résultats concluants en laboratoire.

Après deux années de pause, la course revient et cette fois-ci elle parcourt les routes de France. « Nous avons pris une période de pause, mais je suis très heureux de dire que nous avons décidé de rouler à nouveau en 2020 ! Nous sommes très heureux de rouler en France, un pays que nous considérons comme prêt à accueillir ce tour cycliste maintenant, grâce aux signes encourageants concernant le cannabis médical dans le pays. Bien sûr, la France est aussi une sorte de maison spirituelle pour le cyclisme, donc avoir un Tour de France du Cannabis Médical sera quelque chose de vraiment merveilleux ! », a déclaré Luc Krol, le fondateur du MCB Tour.

La course dure 3 jours et parcourt 420 km. Des coureurs venus du monde entier y participent. Ils sont eux-mêmes soignés avec du cannabis médical ou militants pro-cannabis et se réunissent chaque année pour porter le maillot jaune et soutenir la cause dans une ambiance sportive et festive.

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Plus d’infos sur le site : www.medicalcannabis-biketour.com

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Evénéments

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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