La décarboxylation transforme le THCA inactif en THC actif. Choisissez votre matière première et votre méthode : l'outil affiche instantanément la température, la durée et l'efficacité attendue.
Le cannabis cru contient du THCA (acide tétrahydrocannabinolique), une molécule non psychoactive. La chaleur provoque une réaction chimique qui élimine un groupe carboxyle (–COOH) et libère du THC actif. C'est la décarboxylation, indispensable avant toute infusion ou préparation d'edibles.
Sans décarboxylation, seulement 10 à 20 % du THCA se convertit spontanément en THC lors de l'infusion dans un corps gras chaud. Avec une décarboxylation correcte au four, on atteint 75 %. Le bain-marie hermétique monte à 88 %.
La réaction de décarboxylation suit une cinétique chimique dépendante de la température. En dessous de 95 °C, la conversion est trop lente pour être pratique. Au-delà de 130 °C, le THC commence lui-même à se dégrader en CBN (cannabinol), un cannabinoïde aux effets sédatifs mais sans puissance psychoactive notable. La fenêtre optimale est donc 100–120 °C selon la méthode.
| Méthode | Efficacité | Préservation terpènes | Reproductibilité | Coût matériel |
|---|---|---|---|---|
| Four conventionnel | 75 % | Moyenne | Moyenne | Nul |
| Bocal bain-marie | 88 % | Bonne | Bonne | Nul |
| Sous-vide | 87–91 % | Excellente | Excellente | Moyen (80–150 €) |
| Machine dédiée | 89–92 % | Très bonne | Excellente | Élevé (150–300 €) |
Les terpènes sont les composés aromatiques du cannabis. Ils contribuent à l'effet d'entourage, la synergie entre cannabinoïdes et terpènes décrite par Russo (2011). Une décarboxylation trop agressive (température élevée, durée longue) détruit ces composés volatils avant même que vous infusiez votre cannabis.
Les terpènes les plus volatils (α-Pinène, Myrcène) s'évaporent dès 155–167 °C. Rester sous 120 °C garantit leur préservation. C'est pourquoi le sous-vide, qui opère à 95 °C, est la méthode de référence pour les préparations haut de gamme.
Les distillats et le RSO (Rick Simpson Oil) sont déjà décarboxylés lors de leur fabrication : inutile de les chauffer à nouveau. Le BHO (Butane Hash Oil) en revanche nécessite une décarboxylation, à basse température pour ne pas dégrader sa texture et ses terpènes résiduels.