Suivez-nous
Silent Seeds
Toutes les célébrités du cannabis
Howard Marks alias Mr. Nice

Howard Marks

Howard Marks est l’une des figures les plus romanesques et les plus paradoxales de l’histoire du cannabis. Diplômé d’Oxford en physique nucléaire et philosophie, il est devenu l’un des plus grands trafiquants internationaux de haschisch des années 1970 et 1980, avant de se réinventer en auteur à succès et militant de la légalisation. Il est mort le 10 avril 2016 à Leeds, à l’âge de 70 ans, des suites d’un cancer de l’intestin.

D’Oxford au trafic international

Né le 13 août 1945 dans le village minier de Kenfig Hill au Pays de Galles, Howard Marks grandit dans une famille catholique modeste. Élève brillant, il intègre le Balliol College d’Oxford dans les années 1960. C’est là qu’il découvre le cannabis et réalise que la plante diabolisée par les autorités est source de plaisir et d’éveil, bien loin de l’image que la prohibition lui colle.

À sa sortie d’Oxford, il refuse les chemins classiques. Sollicité par Hamilton McMillan, un ami devenu agent du MI6, il commence à utiliser ses connexions dans les pays producteurs (Pakistan, Liban, Afghanistan) pour exporter du cannabis vers les États-Unis et le Royaume-Uni. Ce qui commence comme un service rendu devient une vocation.

Le roi du haschisch : 43 identités, 30 tonnes par expédition

Au sommet de sa carrière dans les années 1980, Howard Marks contrôlait près de 10% du trafic mondial de haschisch. Il opérait sous 43 fausses identités, avec 89 lignes téléphoniques et 25 sociétés écrans dispersées en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Australie. Son pseudonyme le plus célèbre, Mr Nice, lui vient d’un faux passeport établi au nom d’un criminel condamné pour meurtre, Donald Nice.

Sa méthode : non-violente, sophistiquée, appuyée sur un réseau de contacts allant du MI6 britannique à la CIA américaine, en passant par l’IRA irlandaise et la mafia. Il cachait le haschisch dans les meubles de diplomates en déménagement, dans les équipements de groupes de rock fictifs partant en tournée aux États-Unis, dans des conteneurs dissimulés dans des cargaisons légales.

La chute et la prison

En 1988, après des années de cavale internationale, la DEA américaine le localise en Espagne. Il est arrêté, extradé vers les États-Unis et condamné à 25 ans de prison au pénitencier fédéral de Terre Haute, dans l’Indiana. C’est là qu’il commence à rédiger ses mémoires. Il sera libéré en 1995 après sept ans, pour bonne conduite.

Mr Nice : le livre, le film, la légende

En 1996, un an après sa libération, il publie son autobiographie Mr Nice, un best-seller international traduit en dix langues, vendu à plus d’un million d’exemplaires. Le livre raconte ses aventures avec un mélange unique d’humour, d’intelligence et d’autodérision qui fait de lui une icône de la contre-culture britannique. En 2010, le biopic Mr Nice est adapté au cinéma par Bernard Rose, avec Rhys Ifans dans le rôle titre et Chloë Sevigny.

Militant, auteur, et partenaire de Shantibaba

Après sa libération, Marks ne retourne pas au trafic. Il devient conférencier, militant pour la légalisation du cannabis, et se présente même aux élections législatives britanniques de 1997 avec comme unique programme la légalisation. Il collabore avec Shantibaba pour créer plusieurs variétés de cannabis via la Mr Nice Seedbank, dont des génétiques qui ont influencé des milliers de banques de graines à travers le monde.

Proche de Ben Dronkers et de l’équipe Sensi Seeds, il était un visiteur régulier du Hash Marihuana & Hemp Museum d’Amsterdam, où un portrait réalisé par l’artiste Goldie lui est dédié. High Times lui a décerné un Cannabis Culture Award en 2014.

« Je n’ai jamais trafiqué de drogues dures. Juste du cannabis. Parce que je n’ai jamais cru qu’il méritait d’être illégal. »