Procès Kanavape : un verdict lourd
C’est un verdict lourd, très lourd, qu’a rendu le tribunal correctionnel de Marseille dans le cadre du procès Kanavape.
Sébastien Béguerie et Antonin Cohen ont été condamnés respectivement à 18 mois et 15 mois de prison avec sursis, 10000€ d’amende, l’inscription des peines dans leur casier judiciaire, 5000€ de dommages et intérêts à l’ordre des pharmaciens et une publication dans le Monde et le Quotidien des pharmaciens de l’issue du procès. Le tribunal les a sanctionnés pour tous les chefs d’inculpation sauf la provocation à l’usage illicite de produits stupéfiants.
Les deux entrepreneurs étaient jugés suite à une interview au site Vice réalisée lors du lancement de la première e-cigarette au CBD en France, où infos médicales se mêlaient aux infos commerciales liées à Kanavape. La ministre de la Santé d’alors, Marisol Touraine, avait porté plainte et l’ordre des pharmaciens s’était porté partie civile.
Pour Ingrid Metton, avocate de Sébastien Béguerie, la décision du tribunal est difficilement compréhensible. Le jugement va notamment à l’encontre des déclarations de l’ANSM qui a attesté que Kanavape n’était pas un médicament, et de celles du ministère de la Santé qui déclarait une semaine avant le procès que la commercialisation de e-liquide au CBD était légale. Le tribunal a aussi fait, pour elle, l’amalgame entre les activités entrepreneuriales du duo et leurs activités associatives de l’époque au sein de l’UFCM-I-Care.
« Le retard en France sur le sujet est catastrophique, y compris dans les tribunaux » nous confie-t-elle. « Le chanvre est assimilé soit à un stupéfiant soit à une plante vénéneuse. Nous avons posé une question préjudicielle qui a été rejetée. Le cannabis fait partie d’un débat public que la France doit avoir. Le tribunal est passé totalement à côté de la complexité du sujet. »
Le produit Kanavape était à l’époque passé à travers tout le circuit de validation d’un produit, ANSM et DGCCRF compris. Aucune autorité publique de contrôle ne l’avait alors interdit, ce qui pose des questions manifestes sur la validité de ce système de contrôle.
En 2015, Sébastien avait été condamné sans peine pour son utilisation thérapeutique du cannabis. Le tribunal de Marseille a rejugé ces faits sous un autre angle et sanctionné plus durement Sébastien que son ex-partenaire, un message très clair envoyé aux malades qui se soignent avec du cannabis.
Ingrid Metton nous indique qu’elle fera appel de la décision du tribunal.
-
Business2 weeks ago
Will CBD edibles be banned on May 15? An update on the situation
-
Cannabis in Switzerland4 weeks ago
Legal cannabis in Lausanne strikes a blow for the black market
-
Cannabis in Austria3 weeks ago
Austrian court deals first blow to proposed tobacco monopoly on hemp flowers
-
Cannabis in France4 weeks ago
Snoop Dogg invites himself to Carrefour: Dr. Bombay ice cream arrives in France
-
Cannabis in France4 weeks ago
PROFILE - GaléTerpshunter, the discreet breeder shaking up French CBD
-
Trends4 weeks ago
Pre-rolled: large-scale quality as the new standard
-
Business3 weeks ago
Germany: an experimental cannabis store near Düsseldorf?
-
Cannabis in France2 weeks ago
Medical cannabis: 92% of the French in favor but 0 access


You must be logged in to post a comment Login