United States: DEA authorizes more growers to supply cannabis to researchers
C’est une première depuis… 1968. Depuis 53 ans, l’Université du Mississippi est la seule et unique organisation à pouvoir fournir du cannabis aux chercheurs américains souhaitant étudier la plante. Problème : l’établissement sous-traite la culture à un organisme public qui n’a pas la main verte. Les fleurs obtenues sont donc de qualité médiocre. Voire pitoyable. Prochainement, la Drug Enforcement Administration (DEA), la police anti-drogue américaine, autorisera quelques autres sites à envoyer des extraits de fleurs aux scientifiques.
« C’est un pas important pour améliorer la recherche médicale et scientifique, se félicite l’agence dans un communiqué. La DEA va mettre fin à ce système, permettant bientôt à d’autres organisations d’être autorisées à produire du cannabis pour la recherche. » La police anti-drogue ne précise pas combien de cannabiculteurs recevront une autorisation, mais parle simplement d’un « nombre de licences ».
Pour l’instant, on ne connaît qu’un futur gagnant : Steven Groff, un physicien de York, en Pennsylvanie. La DEA lui a passé un coup de téléphone, vendredi dernier, pour lui annoncer qu’il était sélectionné. « Nous allons faire pousser du cannabis pour la recherche scientifique, puis le vendre au monde entier pour la première fois !, se félicite-t-il dans les colonnes du Wall Street Journal. Je connais les pouvoirs de cette plante, mais nous avons besoin de données précises. C’est exactement ce qu’il manquait. »
Le ministre de la Justice de Trump freinait
« On a attendu cette décision pendant si longtemps ! Je n’arrive pas à y croire que ce soit enfin fait », s’extasie Sue Sisley, dans le journal économique. Cette chercheuse de l’Arizona s’opposait depuis longtemps à ce verrou de la DEA. Elle avait même intenté une action en justice, en 2019, pour le faire sauter.
En réalité, la DEA a commencé à réfléchir à mettre fin à ce système dès le mois d’août 2016. A l’époque, Barack Obama est en poste à la Maison-Blanche. Le climat est donc plutôt positif, et certains scientifiques soumettent même une licence à la police anti-drogue. Mais quelques mois plus tard, en novembre 2020, Donald Trump arrive à Washington. Toutes les demandes de licences resteront lettre morte.
L’ancien président est alors épaulé par Jeff Sessions. Le ministre de la justice de Donald Trump entre 2017 et 2018 pèse de tout son poids pour ne pas changer le système mis en place par la DA. Il faut dire que l’attorney general est un fervent opposant au cannabis, ayant même durci la législation fédérale. Avec Joe Biden à la Maison-Blanche depuis novembre 2020, président plutôt favorable à la dépénalisation, le verrou a finalement pu sauter.
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