France: Cannabis users in Reims, Rennes and Créteil to be fined in early 2020
Edito. La repénalisation du cannabis est en marche. Alors qu’en janvier 2018, Eric Poulliat, député LREM qui a co-présidé les travaux sur l’amende forfaitaire à destination des usagers de drogue, vendait cette solution comme « effective et efficace », force est de constater qu’il s’était légèrement trompé. Le procureur de la République Philippe Astruc a en effet annoncé mardi matin que l’amende serait tout d’abord testée dans trois villes à compter de début 2020 : Reims, Rennes et Créteil.
Et s’il était encore possible pour certains de se cacher derrière leur petit doigt, les desseins de l’amende sont dorénavant très clairs.
« La lutte antidrogue s’est jusqu’à présent essentiellement consacrée à l’offre » a indiqué à 20 Minutes Philippe Astruc. « Cet outil va désormais permettre de s’attaquer à la demande afin de responsabiliser les usagers et de les mettre face à leurs responsabilités. Car ce sont les clients qui font prospérer ces commerces à caractère mafieux ».
S’attaquer à la demande
La stratégie est donc de s’attaquer à la demande, qui rappelons-le, compte 1 million de consommateurs quotidiens pour le cannabis et 5 millions à l’année, malgré 50 ans de prohibition et de nouvelles lois répressives tous les 9 mois.
Fi donc de la réorientation des moyens de police vers les trafiquants, comme l’expliquait Eric Poulliat sur France 2 en mars 2018, fi du passage « à la vitesse supérieure » pour lutter contre les trafics de Christophe Castaner à Marseille il y a moins d’un mois, fi de tout espoir d’une politique de santé publique concernant l’usage simple de drogues, les rappels à la loi et autres solutions échelonnées de répression, et le peu de prévention qui existait, disparaissant à règlement de l’amende.
Et si l’amende de 150€ (en minoré) ne suffisait pas, le procureur de la République prévoit l’inscription de l’infraction au casier judiciaire, qui peut bloquer l’accès à des concours administratifs, aux métiers de la banque, de la sécurité, de la justice, de la médecine, à être candidat pour une élection politique ou à la naturalisation / régularisation.
Ne surtout pas s’interroger sur l’offre
Si Philippe Astruc a raison de dire que « ce sont les clients qui font prospérer ces commerces à caractère mafieux », nous lui rétorquerions volontiers que les-dits consommateurs n’ont pas le choix entre une offre légale et une illégale.
Lorsque les-dits consommateurs se responsabilisent et décident de s’auto-fournir en cannabis, la peine potentielle est encore plus lourde : 20 ans de prison et 7 500 000€ d’amende. Et le balais incessant des perquisitions et saisies de cultures personnelles à partir du mois de septembre ne permet pas d’imaginer une certaine tolérance de la part des autorités.
La charge de la responsabilité devrait donc logiquement être renversée. Mais en laissant la réforme des lois sur le cannabis à Eric Poulliat, fallait-il s’attendre à autre chose ?
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