Olivier Véran pour l’extension de l’expérimentation du cannabis médical à la Polynésie française
Olivier Véran, nommé ministre de la Santé ce week-end en remplacement d’Agnès Buzyn, n’aura pas besoin d’être mis dans le bain pour reprendre le dossier du cannabis thérapeutique en France. Ce dernier a en effet porté le projet d’expérimentation du cannabis médical et est à l’origine du passage de son amendement dans la loi de Finances 2020.
En réponse à une question de son ancien collègue député polynésien, Moetai Brotherson, qui l’interrogeait sur la possibilité d’étendre l’expérimentation métropolitaine du cannabis médical à la Polynésie française, Olivier Véran lui a répondu favorablement « sur le principe » via une note manuscrite.
« Cher Moetai. Je transmets à mon cabinet, c’est une bonne idée. On va juste étudier combien de bénéficiaires potentiels parmi les 5 indications retenues pour l’expérimentation. Mais sur le principe, bien sûr. »
Moetai Brotherson explique sur son Facebook la suite de son projet : “Je vais maintenant travailler avec son cabinet, avec L’Arass [Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale, ndlr] et le ministère de la Santé de Polynésie sur les détails de cette extension.”
Il note aussi qu’il avait à plusieurs reprises contacté le cabinet d’Agnès Buzyn sur le même sujet, sans réponse de sa part.
Moetai Brotherson aimerait aussi faire profiter les malades polynésiens du savoir-faire local pour la culture du cannabis, sans avoir à importer du cannabis médical auprès de grands acteurs métropolitains ou étrangers.
Il confie ainsi à Tahiti Infos : « L’expérimentation devrait durer jusqu’en 2022, mais il faut déjà se préoccuper de l’après. Je le dis à regret car j’aimerais éviter cela, mais c’est ce qui se profile. Vu qu’en Polynésie tout pousse super bien et qu’on a des gens qui savent très bien le cultiver, ce que j’aimerais éviter, c’est que quand le cannabis thérapeutique sera légalisé, on soit obligé d’importer soit du cannabis, soit des produits à base de cannabis parce que les conditions de production locale ne seront pas aux normes exigées par le cadre réglementaire de la légalisation après l’expérimentation. C’est aujourd’hui ce vers quoi on se profile.”
Quant au mode de distribution, Moetai Brotherson envisage la possibilité de Cannabis Social Clubs : « Si on veut proposer des alternatives à cet accaparement du secteur par de grands acteurs en dehors de la Polynésie, il faut arriver à comprendre comment eux fonctionnent. Par exemple, en Uruguay, ils ont des Cannabis Social Club. Il s’agit d’une association qui est enregistrée auprès du ministère de la Santé en tant que telle. Elle peut avoir un maximum de 40 membres qui peuvent mettre leurs ressources en commun. Ils ont une adhésion mensuelle et ils peuvent bénéficier des plantations communes et des transformations de produits qui sont garantis par l’association. Les membres viennent donc s’approvisionner dans ces Cannabis Social Club et pas ailleurs. »
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