Chili : demande de reprise du projet de loi sur la dépénalisation de tous les usages du cannabis

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Au Chili, des membres de l’opposition ont signé une pétition pour exiger la reprise du projet de loi qui visait à dépénaliser tous les usages du cannabis. Le projet avait été introduit en 2014 par le député du Parti Liberal Vlado Mirosevic mais stagnait en Commission de Santé. Au total, 18 députés ont signé la pétition qui a été diffusée officiellement devant le Parlement vendredi dernier. Ils viennent majoritairement du parti Revolucion Democratica mais, en vérité, le soutien est rans-partisan, de nombreux députés venant des 8 autres partis.

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En finir avec le narcotrafic

Cette initiative survient quelques jours après que le commandant en chef de l’Armée, Ricardo Martínez, mentionne le fait que certains militaires vendaient des armes à des narcotrafiquants. Cette annonce a relancé le débat national sur le narcotrafic et la corruption. L’idée du projet de loi était de permettre l’auto-culture pour que les consommateurs médicaux et récréatifs aient une alternative au marché noir. Ce dernier perdrait alors de l’ampleur et les narcotrafiquants du pouvoir.

Une autre justification du projet concerne les libertés individuelles : chacun peut disposer comme bon lui semble de son corps tant qu’il ne porte pas atteinte à autrui. La consommation de cannabis est assez courante au Chili et il s’agit de ne plus cataloguer le consommateur comme un délinquant. Déjà en 2014, l’ancien président du Chili s’était positionné personnellement pour la dépénalisation et la légalisation : « ce qui est clair c’est qu’au Chili en 2002 il y avait 10 000 détentions par an pour trafic de drogue et 10 ans plus tard, ce chiffre a été multiplié par 8, il y en a 82 000. Il est temps pour le Chili de mûrir ».

Le texte de loi autorise la possession de 10 grammes pour une consommation personnelle, la culture de 6 pieds d’une surface totale d’un mètre carré en intérieur à la lumière artificielle et la détention de 500 grammes par domicile. Les patients qui souhaitent cultiver et consommer du cannabis à des fins médicinales devront obtenir la prescription d’un médecin qu’il soit généraliste ou spécialiste. Par ailleurs, les mineurs sont autorisés à fumer sous le contrôle d’un adulte et avec le consentement de leurs parents.

La Chambre des Députés avait approuvé le texte en séance plénière en 2015 à 68 voix contre 39 avec 5 abstentions mais ce dernier devait repasser en Commission de Santé où il est resté bloqué depuis. Quatre ans après son introduction, le projet n’est toujours pas passé devant le Sénat.

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